Affaire Ravatomanga : Le PAC dévoile un système de prédation sur le litchi

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    ANTANANARIVO – Le Pôle Anti-Corruption (PAC) d’Antananarivo a publié une note officielle le samedi 21 février 2026. Ce document détaille les lourdes charges pesant sur l’homme d’affaires Maminiaina Ravatomanga. Cette mise au point judiciaire révèle un montage complexe mêlant monopole d’exportation et blanchiment de capitaux.

    Ce texte sobre lève le voile sur l’une des instructions les plus sensibles de la décennie. Le PAC confirme le déferrement, le 20 février 2026, d’un dossier visant Maminiaina Ravatomanga et ses associés. L’enquête porte sur des faits commis entre 2019 et 2026.

    La mainmise sur le « GEL » pointée du doigt

    Le Groupement des Exportateurs de Litchis (GEL) occupe le centre de l’enquête. Selon le communiqué, un cadre réglementaire impliquant quatre ministères a permis à l’homme d’affaires de verrouiller la filière. Le PAC souligne que cette gestion a « brisé l’égalité de droits entre les exportateurs ». L’institution pointe notamment une répartition arbitraire des quotas et des critères d’adhésion opaques.

    Les enquêteurs décrivent un mécanisme de captation de valeur efficace. Les entreprises du groupe SODIAT achetaient les litchis à Madagascar à des prix « extrêmement bas ». Elles expédiaient ensuite la marchandise vers l’île Maurice. Sur place, une autre société de l’homme d’affaires réceptionnait les produits avant de les réexporter vers l’Europe à des tarifs « disproportionnés ».

    Ce différentiel de prix illégal alimentait un circuit de blanchiment d’argent. Ce réseau utilisait les multiples filiales du groupe SODIAT et diverses sociétés écrans.

    Mandat d’arrêt international et premières incarcérations

    Le bilan judiciaire du PAC est sans appel. Le dossier implique 8 personnes physiques et 12 entreprises. La justice les poursuit pour corruption, blanchiment, abus de fonction et conflits d’intérêts.

    La réponse pénale est déjà en marche :

    • Quatre inculpés dorment en détention préventive à la prison d’Antanimora. Selon Midi Madagascar, il s’agit de trois directrices du groupe et du directeur financier de la société Amarante.
    • Deux responsables se trouvent sous contrôle judiciaire : l’ancien vice-président José Andrianasolo et le directeur général Éric Razanamparany, selon Midi Madagascar.
    • Un mandat d’arrêt international vise officiellement Maminiaina Ravatomanga. Bien que la police le détienne actuellement à la prison de Melrose à Maurice, cette mesure doit permettre son extradition.

    Le communiqué conclut sobrement : « L’enquête se poursuit ». Pour les observateurs, le message du PAC est limpide. Aucun acteur économique, malgré sa puissance, n’échappe désormais à la justice spécialisée.

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