
Ce mardi 24 février 2026, le Président de la Refondation, le Colonel Michaël Randrianirina, a franchi le perron du Palais de l’Élysée. Accompagné d’une délégation de haut rang, le dirigeant malgache engage une phase cruciale de sa diplomatie, entre pragmatisme économique et rééquilibrage des alliances.

L’image est sobre, loin des fastes habituels des réceptions d’État. Pour l’accueil du Colonel Michaël Randrianirina dans la cour d’honneur de l’Élysée, le sol est resté nu : aucun tapis rouge n’a été déployé. Si ce détail peut surprendre, il traduit une réalité protocolaire précise. En privilégiant ce format de « visite de travail », Paris semble vouloir mettre l’accent sur l’efficacité des dossiers plutôt que sur la pompe républicaine.

Emmanuel Macron a accueilli son homologue au sommet des marches du perron, sous la garde solennelle de la Garde Républicaine. Ce choix de sobriété pourrait suggérer une volonté de Paris de maintenir une certaine réserve diplomatique, au moment où la délégation malgache arrive tout juste d’une escale remarquée à Moscou. Sur les clichés officiels, l’attitude du président français confirme cette lecture : l’accueil est apparu juste et équilibré, marqué par un sourire courtois et des gestes d’une neutralité rigoureuse, loin de toute démonstration de chaleur particulière.

Une « Task Force » ministérielle pour convaincre
Le Colonel Randrianirina n’est pas venu seul pour ce tête-à-tête. Une équipe de combat diplomatique et économique l’accompagne, illustrant l’ampleur des enjeux. Outre le président de l’Assemblée nationale et l’homme d’affaires, Koufali Daya, la délégation compte six ministres piliers :
- Christine Razanamahasoa (Affaires étrangères)
- Fanirisoa Ernaivo (Justice)
- Herinjatovo Ramiarison (Économie et Finances)
- Andriniaina Rasoarahona (Industrie et Commerce)
- Juste Raharisone (Transports)
- Jaco Chan Kit Waye (Pêche et Économie bleue)

Offensive économique : La fin des projets « sur papier »*
Avant de rejoindre la présidence française, la délégation a mené une réunion décisive avec la Banque Mondiale et divers partenaires financiers internationaux. Le message du Colonel Randrianirina a été sans ambiguïté : Madagascar attend désormais des résultats palpables.
« Les projets ne doivent plus être de simples prévisions sur papier », a martelé le Président de la Refondation. L’exécutif malgache exige que les financements internationaux se traduisent par des actions concrètes ayant un impact direct et immédiat sur le quotidien de la population.

Madagascar, entre Moscou et Paris
Cette journée parisienne souligne la volonté de Madagascar de mener une diplomatie « multi-vectorielle ». En rencontrant le président français quelques jours après avoir discuté de partenariats militaires et énergétiques au Kremlin, le Colonel Randrianirina joue la carte du réalisme.
Au menu des discussions élyséennes : la coopération sécuritaire régionale, l’attractivité industrielle et l’accompagnement du processus de Refondation. En acceptant ce format de travail direct, la France reconnaît la nouvelle direction malgache comme un interlocuteur incontournable, avec lequel elle choisit de traiter les dossiers brûlants sans fioritures.

