
Droits de douane Chine Afrique, exportations africaines vers la Chine, coopération sino-africaine : à partir du 1er mai 2026, ces expressions pourraient prendre un nouveau sens. Le président Xi Jinping a annoncé la suppression des droits de douane sur la quasi-totalité des importations en provenance d’Afrique. 53 pays sur 54 sont concernés. Seul l’Eswatini reste exclu, en raison de ses relations diplomatiques avec Taïwan.
Une exonération quasi totale pour les produits africains
Concrètement, la Chine appliquera un zéro droit de douane sur la majorité des produits exportés par les pays africains vers son marché. Textile, cacao, café, coton, huile de palme, fruits, produits de la mer, épices, mais aussi matières premières comme le sisal ou le caoutchouc : des filières clés pourraient bénéficier d’un accès facilité au premier partenaire commercial du continent.
Cette décision étend une politique déjà amorcée ces dernières années. En 2023, Pékin avait levé les droits de douane sur 98 % des produits imposables en provenance de plusieurs pays, dont Madagascar, l’Angola ou encore la RDC. Au total, 21 pays africains avaient déjà bénéficié d’un régime préférentiel.
Avec l’élargissement annoncé pour 2026, la Chine franchit une nouvelle étape : ouvrir son marché à l’ensemble du continent, à une exception près.
Pour de nombreux exportateurs africains, cette mesure représente une opportunité majeure. En supprimant les barrières tarifaires, Pékin espère stimuler les échanges commerciaux et encourager l’industrialisation locale.
Lors du sommet des BRICS à Johannesburg en 2023, Xi Jinping avait déjà promis un soutien accru à la transformation locale des matières premières africaines, afin que les pays exportent davantage de produits finis plutôt que des ressources brutes. Les chiffres illustrent l’ampleur de la relation économique : sur les dix premiers mois de 2023, les échanges commerciaux entre la Chine et l’Afrique avoisinaient 218 milliards d’euros, dont près de 85 milliards d’euros d’importations africaines par la Chine.
Pourquoi l’Eswatini est exclu ?
L’exception notable reste l’Eswatini, seul pays africain à entretenir des relations diplomatiques officielles avec Taïwan. Pékin conditionne en effet ce type d’accords commerciaux à la reconnaissance du principe d’« une seule Chine ».
Cette ouverture intervient alors que d’autres régions revoient leurs règles douanières. En Europe, par exemple, l’exonération de TVA sur les petits colis de moins de 150 euros — qui concernait notamment les plateformes comme Shein ou Temu — devrait progressivement disparaître d’ici 2026.
En Chine, à titre de rappel, les colis d’une valeur inférieure à 500 CNY (environ 65 euros) sont généralement exonérés de taxes lorsqu’ils sont considérés comme des cadeaux ou sans valeur commerciale, les frais dépendant de la valeur déclarée.
Au-delà du geste économique, la décision de Pékin s’inscrit dans une stratégie d’influence à long terme. En facilitant l’accès à son immense marché intérieur, la Chine consolide son rôle de partenaire clé du continent africain. Reste à voir si cette suppression des droits de douane se traduira par une montée en gamme des exportations africaines — et par une diversification réelle des économies concernées.

