
Samedi matin, à Faliarivo Ampitatafika, des riverains ont vu arriver des hommes en treillis devant le domicile du député Augustin Andriamananoro. Une présence inhabituelle qui annonçait une opération d’envergure. Quelques heures plus tard, en début de soirée, des éléments de la Brigade criminelle et des gendarmes de la CIRGN passaient à l’action.
Il est environ 18 h 30 lorsque les forces de l’ordre investissent la maison du député élu à Antananarivo I. L’intéressé est absent depuis l’aube. À l’intérieur, son épouse et le personnel domestique assistent à la fouille, qui se poursuivra jusqu’à près de 23 heures. Selon son avocat, maître Aldine Andriamisetra Rabelaza, le mandat évoque des faits graves : « atteinte à la sûreté de l’État » et « acte de déstabilisation ». L’avocat affirme qu’aucun élément compromettant n’a été découvert.
Toute la journée, des éléments des forces de l’ordre étaient déjà postés devant le domicile. D’après plusieurs sources, ils attendaient une décision concernant la levée de l’immunité parlementaire du député. Le règlement intérieur de l’Assemblée nationale prévoit en effet qu’en dehors d’un flagrant délit, toute arrestation d’un député nécessite une procédure formelle enclenchée par le ministre de la Justice.
Une réunion du Bureau permanent se serait tenue samedi. Selon certaines informations, un feu vert aurait été donné pour la levée de cette immunité, ouvrant la voie à une éventuelle arrestation.
Il s’agit de la deuxième perquisition visant ce parlementaire depuis l’arrivée au pouvoir du régime de la Refondation.
Arrestation de Vy Vato Rakotovao
Une opération similaire se déroulait à Antsirabe. Le domicile de Vy Vato Rakotovao, ancien gouverneur de la région Vakinankaratra, a également été perquisitionné samedi. Présent sur place, il a été arrêté puis placé en garde à vue avant d’être transféré à Antananarivo le lendemain. Là encore, les chefs d’accusation évoqués sont les mêmes : atteinte à la sûreté de l’État et tentative de déstabilisation. Contrairement au député Andriamananoro, il était bien présent lors de la fouille et a été amené par les forces de l’ordre après.
Sareraka, interpellé puis relâché
Yvon Randriazanakolona dit Sareraka se retrouve une nouvelle fois sous les projecteurs, mais cette fois dans le cadre d’une procédure judiciaire. Samedi 14 février, celui qui s’est fait connaître pour ses célèbres « Méditations » — des chroniques musicales satiriques scrutant les arcanes du pouvoir — a été interpellé et entendu par les services de renseignement. Bien qu’historiquement proche du président Andry Rajoelina depuis les événements de 2009, cet ancien membre du Conseil Supérieur de la Transition semble désormais dans le collimateur des autorités. Cette audition s’inscrit dans un climat de tension croissante, marqué par des enquêtes pour atteinte à la sûreté de l’État.
Dans ce contexte tendu, le président de la Refondation de la République, Michaël RANDRIANIRINA, a récemment affirmé, à plusieurs reprises dans ses discours, qu’il ne se sentait pas totalement en sécurité et que certaines personnes prépareraient des tentatives de déstabilisation. Des déclarations qui résonnent désormais avec les opérations menées ce week-end et qui renforcent l’idée que les autorités considèrent la menace comme réelle et imminente.

