
Ce 18 février 2026, Mounir Mamod Cassim marque une nouvelle étape de sa propre course : son anniversaire. Si le nom de « Mounir PhotoGraphy » résonne aujourd’hui comme une signature incontournable au bord des pistes de rallye, de moto ou de drift, cette notoriété n’est pas tombée du ciel. Derrière le fracas des moteurs et l’esthétique léchée de ses clichés spectaculaires, se dessine le portrait d’un homme qui a dû négocier des virages serrés, bravant l’incertitude financière et les coups du sort pour transformer son art en destin.
Tout commence à Fianarantsoa. Enfant, Mounir côtoie une légende : Pierrot Men. Le maître de l’image l’initie à la photographie de paysage. À l’époque, Mounir pense qu’il ne s’agit que d’une passion de jeunesse, un passe-temps éphémère. Il s’éloigne des objectifs pour s’engager dans une carrière classique en entreprise.
Mais la passion ne meurt jamais vraiment ; elle s’assoupit. Un jour, le besoin de liberté devient trop fort. Le cadre étouffant du bureau ne lui suffit plus. Mounir prend alors une décision radicale : il plaque tout.

La « galère » : le prix de la liberté
Loin des podiums et de la reconnaissance actuelle, Mounir a connu des débuts difficiles. Inconnu du milieu, il a dû multiplier les prestations gratuites et les efforts invisibles, sans garantie de retour. Pourtant, derrière l’objectif, la réalité est pragmatique : comme tout père de famille, il a des bouches à nourrir. Cette pression invisible l’a poussé à ne jamais relâcher ses efforts, transformant chaque clic en un investissement vital pour transformer sa passion en un métier enfin rentable.
« Il a commencé petit, très petit. C’était la galère des débuts où l’on cherche sa place sans que personne ne vous attende. »
Sa persévérance finit par payer lorsqu’il décide d’approcher directement les pilotes de rallye. Son deal ? Proposer des clichés gratuits pour prouver sa valeur. Il finance lui-même ses déplacements, s’aventurant parfois dans des contrées loin de la ville, comme c’était le cas de rallye Boeny où il était dans la brousse profonde pour capturer l’instant T. Une fois, il était perdu sur un circuit loin de toute ville, sans rien à manger, il doit sa survie gastronomique à la solidarité entre photographes. Ensemble, ils cotisent pour qu’une femme vivant au bord de la route leur prépare un repas de fortune. C’est cette école du terrain qui a forgé son œil et sa réputation.

Un coup d’arrêt brutal
Alors qu’il commence enfin à percer, le destin lui impose une épreuve majeure. En une demi-journée seulement, une employée de maison nouvellement recrutée disparaît avec l’intégralité de son matériel. Des années d’investissement envolées.
Pour un photographe, perdre son boîtier et ses optiques, c’est perdre ses outils de travail et une partie de son âme. Pourtant, Mounir ne baisse pas les bras. Ce « mauvais souvenir », aujourd’hui surmonté, n’est qu’un virage serré de plus dans sa course vers l’excellence.

Ce qu’il faut savoir sur l’expert des circuits :
- Pionnier du genre : Il couvre les événements mécaniques depuis 2004, ayant débuté avec les tout premiers téléphones équipés d’appareils photo.
- Volume de travail : Capable de déclencher entre 2 000 et 6 000 fois lors d’un seul événement pour extraire « la » pépite.
- Expertise reconnue : Devenu l’œil privilégié du Club Madagascar Sport Auto et de la FSAM.
- Engagement citoyen : Au-delà du sport, il a immortalisé les moments forts de l’histoire d’Antananarivo, documentant les grèves et les mouvements sociaux avec le même sens du récit.
Aujourd’hui, sa page Facebook est devenue une archive vivante. Ses photos ne se contentent pas de montrer une voiture ou une moto ; elles racontent une histoire, figent une émotion et témoignent de l’évolution du sport automobile à Madagascar.
L’équipe de Chasse Info lui souhaite un excellent anniversaire et une réussite continue sur les pistes qu’il lui reste à parcourir.

