
Un combat de mot. C’est ce qui résume le premier débat présidentiel entrant dans le cadre du second tour entre Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina le dimanche dernier. En fait, comme ce débat a été très attendu depuis longtemps entre ces deux principaux protagonistes de la crise de 2009, les yeux de tous les Malgaches se sont rivés sur les chaines nationales.
Le débat animé par les journalistes de la TVM Johary Ravoajanahary et Tsitohaina Ramarolahy s’est concentré sur les projets de développement des deux candidats tels les programmes sur l’industrie, l’habitation, les infrastructures et le développement économique du pays sans oublier les stratégies adoptées en matière de diplomatie et de lutte contre l’insécurité.

Ce fut surtout une première occasion pour les deux candidats de débattre publiquement après le coup d’Etat de 2009. Sans surprise, les attaques personnelles se sont succédé durant les deux heures de débat. Dès le début, le candidat Ravalomanana a pincé Rajoelina en le désignant comme auteur du coup d’Etat en 2009 et a amené le pays dans cette pauvreté extrême, ainsi que l’expansion phénoménale de l’insécurité et de la corruption. Un propos qu’Andry Rajoelina n’a pas manqué de répondre. « A chaque fois que je dispute avec le président Ravalomanana, il ne fait que de parler du passé » a –t-il annoncé.
Ravalomanana a maîtrisé presque tous les sujets. Pour le candidat numéro 25. Il a bien maîtrisé presque tous les sujets entamés. Questionné sur la décentralisation effective, il a avancé la mise en place d’un gouvernement régionale à côté du gouvernement central. Les responsables des collectivités territoriales décentralisées seront également dotés de plus de pouvoir pour assurer le développement de leur région. Sur ce, l’élection des chefs fokotany revient également au peuple. Ce candidat a aussi réaffirmé qu’il ne dissoudra pas le Sénat, la seule institution qui représente les autres régions. Sur le plan de la diplomatie, Dada a prôné l’importance de la négociation auprès des pays étrangers et des bailleurs de fond internationaux.

Rajoelina a fait preuve d’immaturité. Contrairement à son adversaire, le candidat numéro 13 a esquivé à presque toutes les questions qu’on lui a posées. Andry Rajoelina a bien eu du mal a exposé son programme sur les différents thèmes proposés par les journalistes. En fait, le candidat du Mapar n’a pas vraiment parlé de son programme IEM mais par contre n’a fait que critiquer le Manifesto de Ravalomanana. A cela s’ajoute sa méconnaissance des termes comme Dam et manifesto. Prétendant avoir la maîtrise de la langue de Molière, Andry Rajoelina a critiqué ces termes utilisés souvent par Marc Ravalomanana sans avoir consulté à l’avance un dictionnaire bilingue. Effectivement, manifesto est un terme anglais qui veut dire déclaration publique de la politique adoptée par un parti politique pendant une élection et dam est un barrage construit pour l’amélioration de l’irrigation.

Le pire, le candidat numéro 13 a montré qu’il ne maîtrisait pas le face à face contre son adversaire. Le public a remarqué une oreillette et un smartphone qu’il a utilisé durant le débat. L’on se demande sur ce point si les journalistes ou bien le CENI, organisateur de ce débat, ont consenti l’usage de ces appareils durant le débat. Normalement, une telle émission est une occasion pour les Malgaches d’apprécier la capacité de chaque candidat et il est tout à fait injuste d’accorder ce privilège à un seul candidat. Il a été convenu au début que le débat était un duel entre Ravalomanana et Rajoelina, aucun tiers ne devrait donc intervenir ou souffler quelque chose. Quid de la responsabilité de la CENI et de la TVM ?

