Affaire Nina Rahantanirina : L’ex-vice-présidente de l’Assemblée nationale et son fils placés en détention provisoire à Maevatanàna

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Maevatanana — L’affaire concernant l’ancienne députée de Mahajanga I et ancienne vice-présidente de l’Assemblée nationale, Lalao Rahantanirina (dite « Nina »), a franchi une étape décisive. À l’issue de leur déferrement devant le Parquet du Tribunal de première instance de Maevatanana dans la matinée du 1er octobre 2026, l’ex-parlementaire et son fils ont été placés en détention provisoire à la maison d’arrêt de la localité dans l’attente de leur procès.

L’enquête a été conduite conjointement par le Groupe d’Appui à la Police Judiciaire (GAPJ) de la Gendarmerie de Maevatanàna et la Police des Mines venue d’Antananarivo.

Intervention sur le site aurifère (Fin septembre 2026) : Arrestation de Nina Rahantanirina et de son fils à la suite d’un litige d’exploitation sur la carrière aurifère le long de la rivière Ikopa (fokontany d’Ambodimanga, commune rurale de Beanana, district de Maevatanana).

Auditions et enquêtes préliminaires (30 septembre 2026) : Interrogatoires menés par le GAPJ et la Police des Mines. En parallèle, le ministère des Mines et des Ressources Stratégiques tient un point de presse à Antananarivo pour cadrer l’opération d’assainissement dans le Betsiboka.

Déferrement et détention provisoire (1er octobre 2026) : Présentation des prévenus devant le Parquet du Tribunal de première instance de Maevatanana. Le juge ordonne leur placement sous mandat de dépôt.

Image prise par le ministère des Mines et des Ressources stratégiques

Les chefs d’accusation retenus

Selon les informations judiciaires, trois charges principales pèsent sur l’ancienne députée et son fils :

  1. Exploitation aurifère illégale : Activités d’extraction non autorisées sur le site de la rivière Ikopa.
  2. Utilisation d’équipements sous scellés (Bris de scellés) : Exploitation d’une drague suceuse artisanale préalablement saisie par les autorités. Le Directeur de la Police des Mines, Diogène MAKA Tolondrainibe, rappelle que la réutilisation d’un matériel sous main de justice constitue une infraction pénale caractérisée.
  3. Outrage envers les forces de l’ordre : Propos diffamatoires et insultes proférés à l’encontre des agents de l’État lors des opérations sur le terrain et diffusés sur les réseaux sociaux.

Origine du litige : une séquence vidéo controversée

L’affaire a pris une dimension politique à la suite de la diffusion virale d’une vidéo enregistrée sur le site minier de Beanana :

  • Opération de scellage : Des forces de l’ordre en uniforme, accompagnées d’agents en tenue civile, se sont rendues sur la carrière pour apposer des scellés sur les machines non réglementaires.
  • Opposition de l’ex-députée : Face à l’intervention, Nina Rahantanirina s’est opposée aux agents en déclarant devant la caméra que « la terre appartient au peuple » (an’ny vahoaka ny tany).
  • Accusations du fils : Filmant la scène, le fils de l’ancienne parlementaire a accusé publiquement les intervenants de réclamer des commissions illégales (« mila pourcentage indray ireo ») et a manifesté un refus catégorique de obtempérer.
Descente sur terrain effectuée par des agents du ministère des mines et des Ressources stratégiques

Une opération de ratissage globale dans la région Betsiboka

L’arrestation de Nina Rahantanirina s’inscrit dans le cadre d’un coup de filet plus large mené par le ministère le long de la rivière Ikopa. De nombreux exploitants, orpailleurs et collecteurs ont fait l’objet de contrôles:

  • Saisie d’équipements lourds : Mise en fourrière de dragues à godets et dragues suceuses dépourvues d’autorisations légales.
  • Suspension d’exploitations : Les titulaires de permis n’ayant pas soumis leur programme de RSE, ne tenant pas de registre de production ou ne payant pas la DTSPM (ristournes et redevances) ont vu leurs activités suspendues.
  • Perception à la source : L’application des nouvelles règles a permis de collecter 15 millions d’Ariary de ristournes auprès de 30 collecteurs en l’espace de quatre jours.
Les agents du ministère des Mines et des Ressources stratégiques sur terrain

La position du ministère des Mines : tolérance zéro

Lors du point de presse tenu le 30 septembre 2026, les responsables du secteur minier ont réaffirmé la volonté de l’État d’assainir la filière aurifère : « Le secteur de l’or est désormais totalement ouvert et encadré. Notre rôle est de formaliser tous les types d’exploitants et de les suivre de près pour garantir la traçabilité de l’or. Cela permet d’alimenter les redevances dues aux communes et de réduire le trafic illégal », a déclaré Miharinjato Ratsimbazafy, Directeur Général de la Centrale de l’Or de Madagascar (COM).

Le Directeur Général des Mines, David Ratsimbazafy, a pour sa part rappelé que le cadre légal — appuyé par la Loi n° 2023-007 (Code Minier) et le Décret n° 2024-1345 (Régime de l’Or) — offre désormais tous les outils nécessaires pour exercer l’activité dans la légalité.

Une partie des matériels utilisés par les exploitants le long de la rivière d’Ikopa, photo prise par le ministère des Mines et des Ressources stratégiques

Perspective judiciaire : l’échéance du 19 octobre 2026

Tous les regards restent désormais tournés vers le Tribunal de première instance de Maevatanàna. L’audience du 19 octobre 2026 devra trancher sur la responsabilité pénale de Lalao Rahantanirina — figure politique du Nord-Ouest, élue députée de Mahajanga I le 27 mai 2019 sous les couleurs de la plateforme IRD — et de son fils.

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