
Antananarivo – L’immunité parlementaire du député Augustin Andriamananoro a été levée ce mardi 17 février 2026. Cette décision, annoncée par le Bureau permanent de l’Assemblée nationale, fait suite à une perquisition effectuée à son domicile pour « atteinte à la sûreté de l’État » et « acte de déstabilisation ».
La décision est tombée à l’issue d’une réunion décisive des membres du Bureau permanent. Le président de l’institution, Siteny Randrianasoloniaiko, a tenu à souligner la rigueur procédurale de cet acte, précisant qu’il a été posé « en stricte conformité avec la loi et dans le respect des règles en vigueur ». Cette étape juridique ouvre désormais la voie à une audition ou à des poursuites judiciaires plus approfondies contre l’élu.
Un pilier du mouvement Orange
Augustin Andriamananoro n’est pas un acteur secondaire de la scène politique malgache. Figure historique du mouvement TGV/MAPAR, il est considéré depuis plus d’une décennie comme l’un des alliés les plus proches et les plus influents du président Andry Rajoelina.
Informaticien de formation et entrepreneur dans le secteur des TIC, il a transformé son expertise technique en levier politique dès la période de la Transition, occupant alors le poste de ministre des Télécommunications. Son engagement au sein du MAPAR en a fait un stratège clé lors des différentes échéances électorales du régime.
Sa trajectoire est marquée par une présence quasi ininterrompue dans les hautes sphères du pouvoir :
- L’homme de confiance : En 2019, il est nommé Directeur général en charge des Projets présidentiels (DGPP), une fonction stratégique pour la mise en œuvre de la vision présidentielle.
- L’expérience ministérielle : Il a dirigé plusieurs portefeuilles, notamment le ministère des Ressources halieutiques et de la Pêche (2018-2019), avant de devenir ministre de la Communication et de la Culture en janvier 2024.
- L’ancrage parlementaire : Élu député du 1er arrondissement d’Antananarivo en mai 2024, il a accédé à la vice-présidence de l’Assemblée nationale en juillet 2024, fonction qu’il a exercée jusqu’à la dissolution du précédent bureau en octobre dernier.
Aujourd’hui, l’image de l’élu dynamique et influent est confrontée à la gravité des accusations qui pèsent sur lui. Si ses partisans dénoncent parfois une pression politique, les autorités, de leur côté, insistent sur la nécessité de l’enquête judiciaire pour préserver la stabilité du pays.

