Koban à Tokyo : un modèle que Madagascar pourrait suivre

Date:

À Tokyo, perdre son téléphone ou son portefeuille ne veut pas dire qu’on ne le retrouvera pas. La capitale japonaise se distingue par un taux très élevé de restitution des objets perdus, grâce à une forte culture civique et à un système bien organisé autour des koban, ces petits postes de police de quartier.

Les statistiques récentes montrent que cette tendance se poursuit encore en 2025. Selon la Police Métropolitaine de Tokyo, un record de 4,8 millions d’objets perdus a été remis à la police cette année-là, soit une hausse de 2 % par rapport à 2024.

Les téléphones portables figurent parmi les objets les plus concernés. En 2025, environ 225 236 téléphones ont été déclarés perdus, soit près de 610 par jour. Parmi les 144 381 appareils remis à la police, environ 119 516 ont été restitués à leurs propriétaires.

L’argent liquide suit la même tendance. Environ 4,5 milliards de yens (117 milliards Ar) ont été rapportés à la police en 2025, et près de 72 % de cette somme a été rendue à ses propriétaires. Les documents d’identité, les cartes bancaires et les cartes de transport figurent également parmi les objets les plus souvent retrouvés.

Cette situation s’explique par plusieurs facteurs. Dès l’enfance, les Japonais apprennent à rendre ce qui ne leur appartient pas. Cette éducation, associée à des règles strictes et à un fort sens des responsabilités, crée un environnement de confiance dans la société.

Les autorités expliquent également cette hausse par deux causes : l’augmentation du tourisme à Tokyo, qui entraîne plus de pertes d’objets, et la multiplication des petits appareils électroniques faciles à égarer, comme les écouteurs sans fil. Lorsqu’une personne perd un objet, elle peut généralement le retrouver en se rendant dans un koban ou dans un service des objets trouvés des transports publics.

Madagascar : une réalité différente

À Madagascar, la situation est différente. Dans les grandes villes surtout, les pertes d’objets sont plus fréquentes, souvent à cause des vols à la tire. Les téléphones portables ainsi que l’argent contenu dans les sacs ou les portefeuilles sont particulièrement visés. Ces vols, ainsi que certaines agressions, font que les gens se sentent moins en sécurité dans les lieux publics ou dans le plusieurs quartiers.

Cependant, cela ne veut pas dire que les objets ne sont jamais rendus. Parfois, des personnes retrouvent leurs affaires, mais ces cas restent plus rares. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette différence. Les conditions économiques jouent un rôle important, tout comme le manque de structures pour centraliser les objets trouvés même si c’est possible de rendre les objets perdus au centre de police ou à la radio. À cela s’ajoute une confiance parfois plus fragile entre les personnes, ce qui peut influencer certains comportements.

Entre Tokyo et Madagascar : deux réalités différentes

La comparaison entre le Japon et Madagascar ne se limite pas à un écart de PIB ; elle révèle un gouffre entre deux contrats sociaux. À Tokyo, mégapole d’une puissance économique mondiale, le civisme n’est pas qu’une vertu, c’est un système huilé. Le modèle japonais repose sur une éducation où le respect de la propriété d’autrui est sacralisé dès le plus jeune âge, soutenu par un filet de sécurité sociale qui rend le vol inutile pour la survie. Perdre un objet y est une simple contrariété, car la confiance en l’institution et en son prochain est la norme.

À l’opposé, Madagascar illustre la complexité de l’éthique face à la précarité. Dans un pays où la lutte contre la pauvreté est quotidienne, la notion d’objet trouvé bascule souvent du civisme vers la nécessité. Ici, l’organisation sociale est mise à mal par des défis structurels : une insécurité latente et un accès limité à l’éducation civique. Pourtant, la situation n’est pas une fatalité.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Partager sur :

Newsletters
spot_imgspot_img

Articles récents

More like this
Related

La Troupe Jeannette : aux origines du théâtre classique malgache

Le théâtre fait partie intégrante de la culture malgache....

Hary Rabary : de la médecine à la littérature, le combat engagé de l’autrice malgache avec #Zakoa

À Madagascar, le nom de Hary Rabary évoque d’abord...

Madagascar : le système des Nations unies aligne ses actions sur les priorités nationales en 2025

Le système des Nations Unies (SNU) à Madagascar a...

Le piment : le secret brûlant de la cuisine thaïlandaise

Si la cuisine thaïlandaise est mondialement célèbre, c’est avant...