
La confusion est totale au sein du mouvement Gen-Z. Alors qu’une partie du collectif annonce l’annulation de la manifestation du samedi 18 avril après un dialogue avec le Président de la Refondation, une fronde s’organise sur les réseaux sociaux. Entre accusations de trahison, arrestations nocturnes et maintien des appels à la rue, le mouvement de jeunesse semble avoir perdu sa tête chercheuse.
Entre arrestations et urgences médicales, le climat s’est alourdi pour la Gen-Z. Si Karine, Rija, Nomena et Herizo restent aux mains des autorités, Miora et Dina ont retrouvé la liberté après que l’état de santé de Miora, victime d’un malaise en détention, a nécessité une prise en charge médicale. Ce contexte de méthodes jugées abusives a conduit le mouvement directement aux portes d’Ambohitsorohitra pour une réunion d’urgence mercredi soir. Face au Président de la République de la Refondation (PRRM), les représentants du collectif ont plaidé pour la libération immédiate de leurs camarades, tout en exigeant une transparence totale quant aux preuves justifiant ces arrestations. Rapport fait par Yassine et Felana, le jeudi 16 avril, face à la presse.
L’accord de la discorde : Ambohijatovo annulé ou maintenu ?
À l’issue de cette rencontre, une annonce a mis le feu aux poudres : Yassine du collectif Gen-Z a déclaré l’annulation du rassemblement prévu ce samedi 18 avril à Ambohijatovo. Ce représentant de la Gen-Z invoque la volonté de privilégier le dialogue et d’éviter les infiltrations d’usurpateurs. Cependant, cette décision est loin de faire l’unanimité. Sur les réseaux sociaux, la riposte a été immédiate. De nombreuses publications dénoncent ce qu’elles considèrent comme une capitulation et appellent, au contraire, à maintenir la mobilisation. « Quoi qu’ils disent, on ne fait pas machine arrière », scandent désormais des militants qui refusent les raisons avancées par ces amis.

Guerre de leadership et accusations mutuelles
Le mouvement Gen-Z offre désormais le visage d’une organisation disparate, une caractéristique qui définit ce collectif depuis ses débuts en septembre 2025. Sans leader ni instance dirigeante, il s’agit d’un soulèvement spontané de jeunes luttant contre l’injustice, rendant toute tentative de coordination centralisée — ou de récupération — quasiment impossible.
Les invectives fusent entre ceux qui respectent le dialogue pour obtenir la libération des détenus et ceux qui accusent leurs pairs de s’être fait instrumentaliser. Ce climat de suspicion, où les membres se tirent mutuellement les boulets, rend la situation illisible pour l’opinion publique. Qui représente réellement la Gen-Z aujourd’hui ? La question reste entière alors que les factions s’accusent de trahison ou d’irresponsabilité.
Un test pour la liberté d’expression
Au-delà de ces déchirements internes, l’enjeu reste le droit à la critique citoyenne. Si une partie du mouvement affirme que son combat vise les institutions et non l’individu présidentiel, la base réclame avant tout une liberté d’expression sans crainte de représailles judiciaires. Alors que l’ultimatum de 72 heures expire, l’incertitude plane sur la journée de samedi. Entre les appels au calme et la détermination des dissidents sur le réseau social, Madagascar retient son souffle pour voir quel camp l’emportera dans la rue.
Une ombre plus sombre plane sur la journée de samedi. Lors de son point de presse à Ambohitsorohitra, le Directeur de la communication de la Présidence, Harry Laurent RAHAJASON, a lancé une alerte sérieuse : » les autorités soupçonnent des velléités d’incendie visant le palais de Tsimbazaza. »
Cette déclaration sonne comme une mise en garde formelle à l’endroit des manifestants, dont une partie réclame ouvertement la dissolution de l’institution parlementaire. En brandissant la menace d’actes de sabotage, le pouvoir place les organisateurs — officiels ou dissidents — face à leurs responsabilités : celle de garantir que la liberté d’expression ne bascule pas dans le chaos sécuritaire. Entre soupçons de déstabilisation et soif de justice sociale, le samedi 18 avril s’annonce comme un test de maturité pour la démocratie malgache.

