
Ce lundi 9 mars 2026, le port de Toamasina a repris des couleurs avec l’arrivée imposante du « Pacific World » de l’organisation Peace Boat. Un symbole de résilience pour la capitale économique malgache, un mois jour pour jour après le passage dévastateur du cyclone Gezani.

Le géant des mers a jeté l’ancre pour une escale de deux jours. À son bord, près de 1 700 passagers, dont environ 1 300 vont entamer des excursions à terre. La logistique déployée est à la mesure de l’événement : une flotte de 76 bus de 18 places a été mobilisée pour transporter les visiteurs à travers les circuits phares de la région. Au programme : immersion au parc zoologique d’Ivoloina, escapade sur le site de Tapakala le long du Canal des Pangalanes, flânerie sur le nouveau front de mer « Miami », ou encore plongée dans l’histoire au cœur du centre-ville de Toamasina.

Au-delà de l’aspect touristique, cette visite revêt une dimension humanitaire. Les passagers et l’organisation apporteraient certainement des aides directes aux populations locales et soutiendraient la réhabilitation des sites touristiques durement touchés par les intempéries.
Malgré une météo capricieuse et des averses persistantes depuis hier, l’enthousiasme ne faiblit pas à Toamasina. L’arrivée des croisiéristes a insufflé une dynamique bienvenue, accueillie avec ferveur par les autorités et les acteurs du tourisme local. Bravant les intempéries, les artisans ont fièrement installé leurs stands pour présenter leurs créations et séduire les visiteurs dès leur débarquement.

Reconstruction : L’heure de la transparence
En parallèle de cette effervescence portuaire, le volet politique et social de l’après-Gezani s’accélère. Samedi dernier, le Président de la Refondation, Michaël Randrianirina, s’est rendu sur place pour annoncer le démarrage des travaux de reconstruction.

L’enjeu est désormais la transparence. Alors que la phase d’urgence (secours immédiats et distribution de vivres aux sinistrés) s’est achevée en 15 jours, l’exécutif insiste sur la clarté de l’utilisation des fonds et des dons internationaux. Un audit rigoureux est en cours pour évaluer les dépenses déjà engagées et planifier le financement des prochaines étapes.
« La transparence est la clé de la confiance entre l’État, le peuple et nos partenaires techniques et financiers », a souligné le Chef de l’État lors de sa visite.
Pour piloter cette phase cruciale de réhabilitation urbaine, un homme de terrain a été nommé. Le Général de Division Ramasy Razafinjatovo Heritiana prend la direction de la coordination des travaux. Sa mission : transformer l’élan de solidarité actuel en une reconstruction durable et ordonnée de la ville.
Entre l’arrivée massive de devises touristiques et la rigueur militaire imposée à la reconstruction, Toamasina semble déterminée à panser ses plaies plus rapidement que prévu.

