« Changeons de mentalité » : Le coup de gueule sans filtre de Njaka adala lors de la Concertation Nationale

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Loin des discours lissés et politiquement corrects habituels, Herinjaka Randrianirina plus connu sous le sobirquet Njaka adala, jeune militant de la GEN-Z connu pour son franc-parler, a bousculé l’auditoire lors de la concertation nationale pour les jeunes. Son message ? La reconstruction du pays ne passera pas par des théories complexes, mais par un choc de civisme et une profonde mutation des comportements individuels.

« Deux minutes pour parler vrai »

Il n’était pas venu pour faire de la poésie. En montant à la tribune, Njaka a immédiatement planté le décor : « Je ne suis pas là pour faire un discours, mais pour parler cash. » Pour ce jeune leader du mouvement MOVE ON, le constat est amer : si la jeunesse malgache brille par son intelligence lorsqu’il s’agit de théoriser le redressement de Madagascar, elle faillit parfois sur l’essentiel, le socle même de la vie en société.

Avec une métaphore audacieuse qui a fait réagir la salle, il a fustigé le manque de rigueur personnelle de certains jeunes représentants : « On ne peut pas prétendre diriger une association étudiante et se présenter devant les autres sans une hygiène de base. Le changement commence par le respect de soi et des autres. » Un exemple brut pour illustrer une idée fixe : le développement commence dans l’esprit et dans le comportement de chacun.

Le civisme comme priorité d’État

Au-delà de la forme, le fond de son intervention interpelle directement les dirigeants du pays, notamment les quatre hauts conseillers de la Refondation. Face au quatuor à la tête de l’État, Njaka s’interroge sur la répartition exacte des rôles et réclame davantage de clarté. Il plaide surtout en faveur de la mise en place de structures concrètes dédiées à l’éducation citoyenne.

« Nous nous plaignons des délestages, du manque d’eau, mais le vrai changement commence par notre état d’esprit. »

Ses revendications se traduisent par des propositions concrètes et structurelles : il appelle à la création d’un pôle ou d’une responsabilité ministérielle spécifiquement dédiée au civisme, tout en plaidant pour l’intégration de programmes massifs de culture citoyenne dans les médias et le système éducatif dès le plus jeune âge. Pour Njaka, l’objectif est clair : il s’agit de responsabiliser la jeunesse afin de transformer les jeunes en acteurs conscients et engagés, dépassant ainsi le simple stade de la plainte pour devenir les moteurs du changement.

Dépasser la victimisation

L’un des points les plus marquants de son intervention concerne l’employabilité. Alors que le chômage des jeunes est un sujet brûlant, Njaka a invité ses pairs à une autocritique sévère. Selon lui, si beaucoup ne trouvent pas de travail, c’est aussi parce qu’il existe un décalage entre les exigences du marché et le comportement et les compétences des candidats.

« On dit que les jeunes n’ont pas de travail, mais souvent, ce sont les jeunes qui ne sont pas adaptés au travail. Montons en hauteur, élevons notre niveau », a-t-il lancé, appelant la jeunesse malgache à sortir de la passivité pour viser l’excellence et la discipline.

En deux minutes, Njaka a réussi un tour de force : transformer une tribune politique en un miroir tendu à toute une génération. Reste à savoir si cet appel au « sursaut des mentalités » sera entendu par les autorités… et par les jeunes eux-mêmes.

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