
Antananarivo – Du 29 au 30 juillet 2025, l’association Grandir Dignement, en partenariat avec le Ministère de la Justice et l’École Nationale de la Magistrature et des Greffes (ENMG), a organisé un atelier intitulé « Approche pluridisciplinaire de la protection de l’enfant : perspectives psychologique et juridique ». L’événement marque une nouvelle avancée dans la prise en charge des mineurs en conflit avec la loi, en réunissant des expertises juridiques et psychologiques autour d’un objectif commun : une meilleure protection de l’enfant.
« Cet atelier vient à point nommé pour favoriser cette approche interdisciplinaire. Je souhaite donc de fructueuses échanges, riches de partage d’expériences et de perspectives, surtout en vue d’une meilleure prise en compte du bien de l’enfant dans nos approches éducative, judiciaire et sociale », a déclaré Gildas Tona, le Responsable national de Grandir Dignement en ouverture.

Décrypter le vécu des mineurs pour mieux les accompagner
La première journée a été dédiée à la dimension psychologique, avec l’intervention de deux psychologues formateurs. Les thématiques abordées ont permis de mieux comprendre les réalités de l’enfant confronté à la justice :
- psychologie du développement,
- techniques d’entretien adaptées,
- vulnérabilités spécifiques à l’adolescence,
- délinquance juvénile,
- impact de l’incarcération sur les mineurs.
Selon Herizo Tsarahoby, chargé de plaidoyer de l’association : « l’enfant qui commet une infraction est souvent victime d’un environnement familial fragilisé ou d’une précarité extrême ». Le Responsable national souligne de son côté : « L’enfance est une période fondatrice mais aussi extrêmement fragile. Dès lors qu’un enfant entre en contact avec le système judiciaire, il en résulte un choc fait de perturbation et souvent d’incompréhension. »

Droit et protection : repenser l’intervention judiciaire
La deuxième journée sera consacrée à l’approche juridique. Les participants vont explorer :
- les enjeux spécifiques de la justice des mineurs,
- les procédures adaptées et leur coordination,
- les alternatives à la détention,
- des cas concrets liés à la justice restaurative.
Ce renforcement des pratiques professionnelles repose sur une collaboration historique entre Grandir Dignement et le Ministère de la Justice, via une convention formelle qui encadre leurs interventions conjointes dans le domaine des droits des enfants. Grâce au soutien des bailleurs de fonds, l’association dispense des formations aux magistrats dans le cadre d’un programme national.
« Nos équipes assurent également un cadre d’accompagnement pour ces enfants, dans le sens de promouvoir et de les appuyer dans l’accompagnement de la liberté surveillée et un suivi post-carcéral en vue de leur réinsertion scolaire et socio-professionnelle », précise le Responsable national .

Un engagement partagé pour ne laisser aucun enfant de côté
Au total, 30 acteurs clés du système judiciaire ont participé à la formation : juges pour enfants, présidents de tribunaux, procureurs, représentants du Ministère de la Justice et formateurs de l’ENMG. L’engagement collectif est fort, porté par une volonté commune d’agir autrement face aux enjeux complexes de la jeunesse en difficulté.
Le président conclut : « Je voudrais saisir cette opportunité pour renouveler mes vifs remerciements au juge pour enfants et aux substituts du procureur en charge des enfants, dont l’ouverture et la collaboration dynamique permettent à nos équipes d’intervenir de manière cohérente et pertinente sur le terrain. »
Ce dialogue entre droit et psychologie incarne un changement de paradigme : considérer l’enfant dans toute sa vulnérabilité et sa dignité, adapter les réponses judiciaires aux réalités sociales, et faire de la justice un espace de reconstruction.

