L’interruption volontaire de grossesse définitivement réfutée par les parlements

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C’est non. Les membres de la Chambre basse ont été clairs sur le sujet de l’Interruption Volontaire de la Grossesse (IVG). Les articles 22 et 23 du projet de loi sur le planning familial ont été supprimés. Ces articles, légalisant autrefois la pratique de l’avortement thérapeutiques, c’est-à-dire faite pour sauver la vie de la mère en cas de complications pendant la grossesse, ne sont plus applicables. De plus, l’avortement est encore classé dans la catégorie des actes criminels.

Or, le Ministère de la santé avait souhaité légiférer l’avortement thérapeutique dans son projet de loi transféré au sein des parlements en mois de juin dernier. Par la suite, un débat public ouvert a été effectué au mois d’octobre à l’université d’Antananarivo, portant sur le sujet. Il a été organisé par le Conseil National des femmes malgaches incluant l’association des défenses des droits de la femme sur tout le territoire malgache. Mireille Rabenoro, présidente du CNIDH (Conseil National Indépendant des Droits de l’Homme) est évidemment pour la décriminalisation de l’IVG, sous prétexte de la défense des droits de la femme. Elle a expliqué que le Code pénal de la Grande Ile, pareillement à celui du Sénégal est encore celui de l’ancienne période de colonisation, qui date de 1810, alors que les colons voulaient toujours plus de main d’œuvre et interdisaient formellement qu’on la diminue.

femme enceinte

« Je ne vois pas pourquoi on porterait jusqu’à ce jour les séquelles du passé colonial » a-t-elle argumenté. Elle a ensuite ajouté : « C’est dans les pays où l’avortement est libéralisée que les chiffres sont nettement plus bas. A Madagascar, on a enregistré 775 décès de femmes qui succombent aux complications de l’avortement clandestin chaque année. »

Les médecins et les agents de santé sont de leur côté, pour l’avortement thérapeutique, et sont sidérés qu’il soit pris comme un crime car atteinte à la vie d’autrui, car ils avancent que c’est le seul recours lorsque se présentent des complications pendant la grossesse, comme la maladie de mafran : une malformation génétique, ou la néphropathie : une complication au niveau des reins qui est aussi une maladie très courante. De ce fait, les médecins tentent une dépénalisation de l’avortement, au moins celui thérapeutique car il en va de la vie de la femme enceinte. Mais ils sont tout de même conscients que cela va prendre un temps considérable ainsi que de forts arguments pour destituer l’image que perçoit la culture malgache sur les sujets extra-traditionnels.

Malgré l’interdiction légale de l’avortement thérapeutique, un médecin au sein de l’hôpital de Befelatanana a affirmé qu’ils ont toujours recours à cette pratique dans le cas où la vie de la mère est en danger ou si le fœtus représente une malformation grave. Cependant, cela se fait sous le consentement de la femme et du membre de sa famille.

Rappelons que les lois portant sur l’autorisation du planning familial ont pris deux ans avant d’être adoptées. Le Sénateur a effectivement bien notifié que la tradition malgache veut qu’un couple peut mettre au monde autant d’enfants, ce à travers l’adage malgache « Ayez sept garçons et sept filles». Mais on n’a pas pu fermer les yeux sur la pauvreté et l’incapacité de subvenir aux besoins des enfants d’un si grand nombre, ce qui a permis l’autorisation et la sensibilisation même du planning familial. Pour ce qui est de l’avortement, thérapeutique ou non, il ne faut pas s’y attendre avant longtemps.

 

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