
La légalisation du budget municipal par la Préfecture de Police prend du temps. Le Préfet, Angelo Ravelonarivo s’explique en pointant du doigt les irrégularités dans l’élaboration du budget. Il a affirmé lors d’une conférence de presse hier que c’est justement l’examen de ce dernier qui a entrainé le retard au niveau de la légalisation de la Préfecture de Police.
L’article 75 de la loi 2014-020 stipule que la session budgétaire pour l’élaboration du budget annuel de la commune doit se tenir à la quinzaine du mois d’aout. Ainsi, le budget doit être opérationnel dès le 1er janvier. « La commune n’a pas respecté ce délai. La session ne s’est tenue que le 28 décembre, et le budget primitif n’a été soumis à la Préfecture que le 30 janvier. Soit un retard de presque un mois », a-t-il expliqué.
D’une autre côté, mis à part l’ajournement de la remise du budget à la Préfecture, d’autres irrégularités ont été relevées par le Préfet. « Les recettes de l’Omnium de maintenance des véhicules de transports (Omavet) restent floues » a-t-il accusé. En effet, selon le contrat reliant la municipalité avec ce centre chargé de la contre-visite des taxis-ville et des taxis-be, la Cua perçoit 10 % des recettes annuelles du centre. Pourtant, cette somme n’est pas affichée dans le budget. Aussi, Angelo Ravelonarivo a fait part d’une suspicion de l’existence d’emplois fictifs ou de personnel fantôme dans le tableau des effectifs. « Aucune précision n’est apportée sur la fonction des personnes à recruter » a-t-il affirmé en prenant en exemple les postes nommés « agent » et « assistant ».
Afin d’accélérer le contrôle de légalité afin de rendre le budget annuel opérationnel, la Préfecture de Police a fait notifier à la commune une note d’observation afin de rectifier les irrégularités citées ci-dessus. Quant à l’Exécutif, en la personne de Julien Andriamarosata, le Préfet a précisé qu’il devrait convoquer de nouveau les conseillers municipaux pour une autre session pour procéder à la modification.
En attendant, ce sont les employés de la commune, regroupés dans l’association SMKAR qui payent le prix fort. Ils risquent effectivement de ne pas percevoir de salaire ce mois encore, ce qui a déjà été le cas le mois de janvier dernier. « Nous sommes victimes, mais la population l’est également avec nous, car nous travaillons pour le peuple» a affirmé le président du SMKAR, Mamy Rafanomezantsoa. La finance municipale reste immobilisée tant que la Préfecture n’ait pas encore statué sur la légalité du plan budgétaire. Ainsi, la commune ne peut engager aucune dépense le temps de la modification, puis de la légalisation.

