
Tantely Harifidy Andriamitsinjo, étudiant à la faculté des lettres et sciences humaine de l’université de Toamasina, mention géographie, a présenté son mémoire de master en 2016. Ce qui intéresse dans son ouvrage intitulé « Vulnérabilité de l’espace urbain d’Antananarivo face aux risques de crises politiques » c’est la manière dont il a mis en relief les séquelles de la crise de 2009 sur l’économie du pays. L’objectif global, selon lui, est de conscientiser les acteurs politiques sur les impacts des crises récurrentes sur le pays qui n’est pas encore sorti de la pauvreté. Mais avant de mettre au point les impacts, il a bien pris soin de faire des constats et de bien identifier la problématique de la crise politique en 2009.
2 ans après la présentation de son mémoire, une autre crise plane sur notre pays, le titulaire de master se rappelle de la recherche qu’il a faite et tient à mettre tout le monde en alerte sur les risques encourus par le pays si jamais aucun consensus n’est trouvé et si les acteurs politiques campent sur leur position respective.

Crise politique signifie désastre économique
Il n’y a pas photo. Il est clair que les crises cycliques traversées par le pays ont eu des conséquences désastreuses sur l’économie globale et les impacts ont été ressentis directement par la population. Celle de 2009, causée par la révolution orange a eu raison de l’économie de la Grande île, quoique celle-ci n’ait pas connue une réelle stabilité depuis 1972.
Madagascar a mis du temps avant de se remettre de cette dernière crise, et des conséquences s’en ressentent toujours. Le pays a été paralysé et s’est engouffré dans un plongeon vers la pauvreté. Ce, durant quatre ans et demi, le temps que le bras de fer entre le Président tyrannique et le leader de la révolution orange soit enfin fini en faisant constater la victoire à ce dernier. Mais ce putsch n’est pas la fin des désagréments, c’est plutôt à ce moment que le pays a continué de dégringoler. Les chiffres rapportés par les différentes institutions en sont les preuves.

Augmentation du taux de chômage
Durant la période de la Transition, le taux de chômage est monté de 22% car 336000 postes ont été supprimés selon le BIT (Bureau International du Travail). Ce qui s’explique par la fermeture des entreprises franches mais aussi des postes de télécommunication qui n’obtenaient pas les bonnes faveurs du Président de la Haute Transition. Aussi, le pillage des ressources du pays a régné. Des milliers de containers de bois précieux ont été exportés illégalement et des trafics de faune ont été signalés par le WWF. Le tourisme a également subi les conséquences de cette crise, comme Madagascar était devenu l’endroit à déconseiller pour les étrangers. Il en va de même pour les investisseurs. Madagascar a même été retiré des pays bénéficiant de l’Agoa par les Etats-Unis.

Non à une nouvelle crise
Le pays ne supporterait donc plus une énième crise, d’autant qu’il était déjà sur les bons rails de développement. En effet, le PIB était de 1.6% en 2011 et en 2014, il a atteint les 4 %, ce qui s’avère être un grand progrès. Un avancement qui serait stoppé net si les leaders de cette grève s’acharnent. Un remake des crises politiques et socio-économiques ne ferait pas juste qu’affaiblir le pays, il lui serait fatal a soutenu Tantely Harifidy. Mais pour dire non à une nouvelle crise, il faut que les acteurs politiques trouvent un terrain d’entente et pensent à l’intérêt du pays et non de leurs partis.

