
Un accueil triomphal qui soulève des questions d’équité
Les Barea ont écrit une page d’histoire en atteignant la finale du CHAN 2024, une première pour le football malgache. « C’est historique dans l’histoire du ballon rond à Madagascar« , peut-on lire dans les réactions enthousiastes des supporters. Cette performance exceptionnelle a mérité un accueil à la hauteur, avec des « merci Barea » sur toutes les lèvres.
De l’aéroport d’Ivato jusqu’au stade de Mahamasina, une foule immense s’est massée pour célébrer le retour des héros nationaux. Le lieu de rendez-vous final a rassemblé les plus hautes autorités du pays, venues participer à cette fête populaire et prendre la parole pour saluer cet exploit. Mais au-delà de la liesse populaire, cette victoire historique pose une question fondamentale : comment Madagascar récompense-t-elle ses athlètes performants ?

Des récompenses présidentielles exceptionnelles
Le président de la République, Andry Rajoelina, a annoncé une récompense sans précédent pour les Barea A’ et leur sélectionneur Romuald « Rôrô » Rakotondrabe. Cette décision marque la reconnaissance officielle de l’État pour ce parcours historique au CHAN 2024.
Les récompenses annoncées :
- Une villa pour chacun des 29 joueurs de l’effecti et le coach Romuald Rakotondrabe
- Les 30 villas seront situées près de la sortie de l’autoroute d’Ambohimanga
- La construction devrait débuter très prochainement
Le chef de l’État a souligné que cette équipe avait marqué « un tournant pour le football malgache en qualifiant Madagascar pour la première fois en finale du Championnat d’Afrique des Nations« . En complément de ces villas, une cérémonie officielle de décoration est prévue pour honorer les joueurs et le staff quand tous les joueurs seront au complet. Une manière de célébrer leur performance et le rayonnement du football national sur la scène africaine.

Vers un système de récompenses équitable et transparent
Si cette victoire historique mérite ces récompenses exceptionnelles, elle soulève une question importante : ne faut-il pas mettre en place un système de récompenses structuré pour tous les athlètes performants, et pas seulement les footballeurs ?
Certes, l’État organise des événements spéciaux pour récompenser les athlètes ou les jeunes Malgaches qui se distinguent sur la scène internationale, mais ces récompenses « changent au gré de l’émotion du moment ». Il serait temps d’établir un cadre clair et transparent qui mette « tous les athlètes ou des Malgaches qui brillent sur la scène internationale sur le même pied d’égalité ».
L’exemple des systèmes internationaux
Plusieurs pays ont mis en place des systèmes de récompenses structurés et équitables pour leurs athlètes de haut niveau.
Les modèles financiers : Singapour, par exemple, est connu pour ses primes généreuses, pouvant atteindre plus d’un million de dollars pour une médaille d’or. Hong Kong offre également des sommes considérables avec 6 millions de Hong Kong Dollars (près de 700 000 euros) pour une médaille d’or.
D’autres pays comme Israël (255 000 euros), la Serbie (202 000 euros), la Malaisie (198 000 euros) et l’Italie (181 000 euros) ont également établi des barèmes fixes. La France, quant à elle, verse 80 000 euros pour une médaille d’or olympique.
Les récompenses non-financières : Des voitures et des appartements sont aussi souvent offerts en guise de récompenses dans certains pays, créant ainsi un système mixte adapté aux réalités économiques locales.

Une opportunité pour Madagascar
L’exploit des Barea offre à Madagascar l’occasion de repenser son approche des récompenses sportives. L’établissement d’un système transparent, avec des critères définis à l’avance selon les niveaux de compétition (Jeux olympiques, Championnats du monde, continentaux), permettrait de garantir l’équité entre tous les sports et tous les athlètes.

