Alarmant ! Le prix du savon, produit de première nécessité, connaîtrait une hausse ! L’augmentation des droits de douane en ce qui concerne les bondillons en serait apparemment l’une des principales causes. Mais qu’en est-il exactement ?
L’ANMCC (Autorité Nationale chargée des Mesures Correctives Commerciales) a fixé, le 14 août dernier, un droit additionnel ad valorem au taux de 34% sur les bondillons, matière première essentielle à la fabrication du savon. Cela implique une augmentation des coûts fixes pour les industries importatrices de ce produit. Cette mesure fait suite à la requête déposée par les industries locales, qui déclarent souffrir de l’importation excessive de ce produit.
D’un côté, les industries importatrices utilisent les bondillons comme matière première dans leur processus de production. Cette augmentation des coûts fixes handicaperait sévèrement ces « bondilloneurs », les contraignant à réduire leur production ou même à fermer leurs portes. Des milliers de Malgaches perdraient ainsi leur emploi.

D’un autre côté, cette mesure bénéficie particulièrement aux saponificateurs locaux qui produisent leurs propres bondillons. Elle a le potentiel de rétablir la compétitivité entre les saponificateurs et les importateurs de bondillons. Selon Thierry Ramaroson, directeur général de la Savonnerie Tropicale, la préférence donnée aux importations par rapport à la production locale nuit à l’économie et entrave toute possibilité d’émergence économique.
Quoi qu’il en soit, la mise en place de cette mesure corrective par l’ANMCC est actuellement bloquée au niveau du Ministère de l’Économie et des Finances. Une réunion est prévue le vendredi 6 août entre les ministres concernés et les dirigeants des industries importatrices. À l’issue de cette rencontre, nous saurons si le Ministère du Commerce et de la Consommation émettra le décret d’application des mesures en question.

