
Le gouvernement américain a tranché : 92% des financements de l’USAID, l’agence américaine pour le développement international, destinés aux pays étrangers seront supprimés. Cette annonce choc, faite le mercredi 26 février par le secrétaire d’État américain Marco Rubio, marque une rupture majeure dans la politique d’aide au développement des États-Unis.
Cette décision fait suite à un audit global du budget de l’USAID. À l’issue de cet examen, 5 800 projets de développement à travers le monde ont été suspendus. L’objectif affiché est clair : permettre à Washington d’économiser environ 60 milliards de dollars.

Un coup dur pour l’Afrique
Le continent africain, l’un des principaux bénéficiaires de l’aide américaine, se retrouve en première ligne. En 2024, l’USAID avait injecté 11,5 milliards de dollars sur le continent, selon les données publiées par foreignassistance.gov. Cette coupure brutale remet donc en cause une grande partie des programmes de développement en Afrique, particulièrement ceux liés à la santé, l’éducation et la sécurité alimentaire.
Madagascar, un pays particulièrement exposé
À Madagascar, l’USAID occupe une place essentielle dans plusieurs secteurs vitaux. La santé publique reste au cœur des interventions de l’agence, notamment à travers la lutte contre le VIH/sida, le paludisme, la tuberculose et l’amélioration de l’accès à l’eau. L’agence finance également des programmes de sécurité alimentaire pour soutenir les populations touchées par la malnutrition et les pénuries alimentaires.

Environnement : trois nouveaux projets menacés
En mai 2024, l’USAID a lancé trois projets majeurs dédiés à la protection de l’environnement et des écosystèmes côtiers de Madagascar. D’une durée de cinq ans, ils bénéficient d’un financement total de 41 millions de dollars. Cependant, leur avenir reste aujourd’hui incertain, dans ce contexte de coupes budgétaires massives.
Voici un aperçu de ces projets stratégiques :
- Tetikasa Harenà, piloté par DAI Global, cible les zones proches des aires protégées. Il vise à améliorer les conditions de vie des populations locales, tout en renforçant la conservation de la biodiversité.
- Tetikasa Riake, mené par le URI Coastal Resources Center, se concentre sur la protection des ressources marines. Il encourage aussi une gestion durable des zones de pêche, tout en appuyant les communautés côtières.
- Tetikasa Mizana, sous la responsabilité d’AllianceVoahary Gasy, ambitionne d’améliorer la gouvernance environnementale en luttant contre la corruption dans le secteur de la conservation.
Ces programmes couvrent plusieurs régions stratégiques : Menabe, Atsimo Andrefana, Atsimo Atsinanana, DIANA, Analanjirofo, SAVA, Androy, Vatovavy et Fitovinany.

L’USAID frappée de l’intérieur
L’impact ne se limite pas aux pays bénéficiaires. À l’intérieur même de l’USAID, la réduction budgétaire provoque une vague de licenciements. Sur 10 000 employés, 1 600 ont déjà perdu leur poste. Une partie du personnel reste en congé administratif, en attendant de possibles réaffectations.
Washington redéfinit ses priorités
Malgré cette réduction historique, les États-Unis prévoient de maintenir quelques programmes jugés prioritaires. Les aides liées à la santé (VIH, paludisme, tuberculose) et à la sécurité alimentaire bénéficieront d’une enveloppe préservée. Par ailleurs, quatre pays resteront prioritaires : Liban, Haïti, Venezuela et Cuba.
Un soutien vital pour Madagascar
À Madagascar, l’aide de l’USAID constitue un pilier essentiel du financement de nombreux programmes sociaux. Si cette aide venait à disparaître, le pays risquerait de faire face à une aggravation des crises sanitaires, environnementales et alimentaires.
Les autorités malgaches, ainsi que les acteurs de la société civile et les ONG partenaires, restent vigilants. Tous espèrent que Madagascar pourra conserver une partie de cette aide cruciale pour ses populations les plus vulnérables.
Affaire à suivre de près

