6,4 millions km2, c’est l’étendue de la surface maritime que les Etats membres de la zone Sud-ouest de l’Océan indien doit surveiller. En effet, l’existence des pêches illégales non déclarées ou INN dans cette zone nuit à l’économie des pays membres en engendrant des pertes de plusieurs millions d’euros. C’est pour cela que depuis dix ans, un Plan régional de la surveillance de la pêche ou PRSP a été mis en place. Une initiative qui n’a pas encore donné l’effet escompté. Dans ce sens, une nouvelle déclaration ministérielle a été signée récemment lors de la deuxième conférence des ministres des pêches qui s’est tenue à Ivato.
« S’unir pour une croissance durable à travers l’économie bleue ». C’est autour de ce thème que cette deuxième conférence des ministres des pêches a été axée. En effet, durant les dix ans ou ce fut la première déclaration qui a été appliquée dans cette zone, beaucoup de choses ont évolué. Et l’objectif des membres de la zone du Sud-ouest de l’Océan indien ne se limite pas uniquement à la lutte contre les INN mais aussi pour établir une région océanique sécurisée et une croissance durable. La signature de cette nouvelle déclaration contribuera donc à pérenniser le PRSP déjà mis en place.
Main dans la main
Comme les pays membres de cette zone – les anciens comme les nouveaux (Tanzanie, Kenya et Mozambique) – Madagascar a également réitéré sa volonté de s’unir pour lutter contre les pêches illégales non-déclarées. D’ailleurs, le ministre malgache des ressources halieutiques et de la pêche Gilbert François l’a confirmé en affirmant que « les pays se trouvant dans le Sud-ouest de l’Océan Indien vont se donner la main et travailler de concert pour éradiquer cette pêche illégale. Et au niveau national, il y a un système de surveillances à faire. » Et il a été appuyé par la directrice du développement des pêches du ministère de l’Agriculture, de l’élevage et de la pêche de la République Unie de Tanzanie Mwanaidi R. MIolwa : « Travailler seul dans ce genre d’action ne donnera rien. Seule la collaboration, surtout dans le partage des informations et des données, qui pourrait aider tous les pays à tirer profit des ressources halieutiques. »
Mesures drastiques
Ainsi pour lutter efficacement contre les INN, la nouvelle déclaration prévoit plusieurs dispositions. Par exemple, il a été décidé que tous les bateaux dépourvus de Vessel Monitoring System ou VMS et d’Electronic Reporting Systèm ou ERS seront interdit de pêche dans les eaux territoriales. Il a été également conclu que tout transbordement en mer dans la zone géographique couverte par le PRSP est interdit. Par ailleurs, toute demande de licence des navires étrangers qui en transmettent pas leur journal de pêche relatif aux opérations de pêche effectuées à ‘intérieur d’une zone économique exclusive ou ZEE sera refusée. Tout navire qui ne respecte pas les obligations internationales ou qui est répertorié dans les fichiers des organisations régionales de gestion des pêches ou ORGP sera également interdits d’accès aux ports.
Voilà quelques exemples des grandes lignes de cette nouvelle déclaration qui constitue une avancée majeures dans la lutte contre les pêches illégales non déclarées. Toutefois, la zone à surveiller est très étendue, ce qui fait que l’entraide et la cohésion des membres seront plus que nécessaires et comme on dit « l’Union fait la force. »

