
Dans les couloirs ultramodernes du Karlsruhe Institute of Technology (KIT), en Allemagne, un jeune Malgache dénommé HARENA Léong Naba Honorat Loubien poursuit un rêve façonné par la rigueur scientifique et l’attachement à sa terre natale. Originaire de Miandrivazo, dans la région de Menabe, il est aujourd’hui doctorant en chimie et biologie, engagé dans des recherches sur une plante endémique de Madagascar aux vertus médicinales encore méconnues.
Des racines malgaches à la recherche internationale
« Je suis le seul doctorant africain en chimie et biologie au sein de cette prestigieuse université en Allemagne », résume-t-il avec fierté. Après avoir décroché son baccalauréat au Lycée Jinabo Justin de Miandrivazo, il a poursuivi ses études à la Faculté des Sciences de Fianarantsoa, où il a obtenu un Master en chimie médicinale. Son projet de recherche a germé autour d’une plante du sud-ouest malgache, déjà utilisée par les anciens pour soigner certaines maladies. Par souci de confidentialité scientifique, il ne peut pour l’instant révéler son nom, mais ses travaux pourraient, à terme, donner naissance à de nouvelles pistes thérapeutiques.
Voilà un an qu’il s’est installé en Allemagne. À partir de septembre, il entamera sa deuxième année de thèse, une aventure scientifique qu’il estime devoir durer trois à quatre ans. Entre la rigueur quotidienne des laboratoires et les cours théoriques, ce rythme soutenu forge peu à peu son identité de chercheur.

Une bourse obtenue grâce à la persévérance
C’est en cherchant sur internet, puis en multipliant les candidatures spontanées auprès de professeurs malgaches et étrangers, qu’il a décroché une bourse du gouvernement allemand. Après plusieurs entretiens en anglais, parfois longs de trois heures, son projet a convaincu un professeur du KIT, qui l’a soutenu dans ses démarches et obtenu pour lui un financement. « Parmi les universités intéressées, il y avait Cambridge, Montréal, la Sorbonne… Mais l’Allemagne a été la première à me répondre avec une offre concrète », explique-t-il.

Un message d’espoir pour la jeunesse malgache
S’il travaille principalement en anglais, l’étudiant suit également des cours d’allemand, une option proposée aux étudiants étrangers. Plus qu’un simple cursus, il voit son parcours comme un message d’espoir adressé à la jeunesse malgache : « Il n’est pas nécessaire d’attendre un programme officiel comme le CONABEX pour partir étudier à l’étranger. Les opportunités existent, il faut oser chercher, écrire aux professeurs, et surtout croire en la valeur de son projet. »
Aujourd’hui, ce fils de Menabe souhaite que son parcours serve d’exemple. Entre rigueur scientifique en laboratoire et attachement profond à ses racines, il rêve qu’un jour ses recherches contribuent à faire briller Madagascar sur la scène internationale de la science.

