
Les manifestants ne lâchent pas l’affaire. S’appelant maintenant les « députés du changement », les 73 parlementaires ont décidé de continuer à revendiquer, non plus pour contester les lois électorales, mais résolument pour la démission officielle du Président de la République. C’est donc avec zèle que les députés de l’opposition, notamment ceux du TIM, MAPAR, MMM et quelques indépendants ont échauffé la foule depuis hier pour soulever une grève anti pouvoir et anti démocratique.

Ce jour, ils sont réunis pour effectuer une marche vers le Palais de justice à Anosy afin de déposer des plaintes concernant les morts et les blessés de l’affrontement de samedi. Leur rush se poursuivra ensuite vers la HCC Ambohidahy pour remettre une lettre de demande d’abdication, non seulement du Chef d’Etat mais également des piliers du gouvernement, en l’occurrence du Premier Ministre et de deux présidents d’institutions parlementaires. Bref, ils veulent à tout prix faire tomber le régime actuel, et ce n’est pas juste une expression. Ils ont annoncé lors de leur élocution à la Place du 13 mai qu’ils n’arrêteront que lorsque leur revendication sera acceptée. Et ce, apparemment en dépit de toutes les conséquences désastreuses que cela engendrerait. Car même s’ils déclarent leur manifestation pacifique, ce ne sont pas les cas qui manquent pour prouver que des débordements seront au programme, avec les profiteurs et ceux qui font du terrorisme psychologique.

Après la halte à la HCC, ils reviendront ensuite à Analakely pour officialiser une grève généralisée, dans tout le pays. Ils commenceront demain à Antsirabe pour continuer vers d’autres villes dans le but de soulever la population contre le gouvernement. Ce qui laisse à croire à un coup d’état, c’est-à-dire une nouvelle transition qui entraînerait encore le pays dans une autre crise plus profonde. Pour la présidence, il s’agit tout bonnement du non-respect des règles démocratiques basées sur la loi de la majorité. Un irrespect qui causera de grandes pertes, autant humaines qu’économiques.

Mais il faut savoir qu’un directoire militaire en vue de la préparation des élections est anti constitutionnel, comme l’a fait remarquer la Communauté Internationale et les autres acteurs internationaux qui suivent de près l’évolution de la situation à Madagascar. Quant aux généraux, le général Béni Xavier Rasolofonirina a annoncé qu’aucun régime n’étant pas issu des élections ne sera cautionné par les forces armées. Il est donc clair que c’est la HCC qui détient le rôle clé dans l’histoire, concernant le verdict sur les lois électorales, mais également pour arrêter le plongeon vers un 2009 bis en stoppant net les opérations de déstabilisation du régime.

