Fasan’ny Karàna : deux décisions ministérielles qui sèment la confusion

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Le soulagement aura été de courte durée pour les transporteurs de Fasan’ny Karàna. Après avoir appris mercredi 9 septembre qu’ils pourraient finalement continuer leurs activités sur le site, à la suite d’une rencontre avec le ministère de l’Aménagement du territoire et des Services fonciers, un nouveau communiqué du ministère des Transports et de la Météorologie vient relancer le débat.

Le 31 août dernier, le ministre des Transports et de la Météorologie avait annoncé aux transporteurs de Fasan’ny Karàna leur transfert vers la gare routière d’Amoronakona. Un délai de 15 jours leur avait été accordé pour rejoindre cette nouvelle infrastructure, en coordination avec l’Agence des Transports Terrestres (ATT). Au-delà de ce délai, seuls les quitus délivrés à Amoronakona devaient être considérés comme valables.

Mais le 9 septembre, les représentants des transporteurs ont rencontré le ministre de l’Aménagement du territoire et des Affaires foncières, Lylison René de Roland. À l’issue de cette rencontre, ils ont annoncé avoir obtenu la possibilité de rester à Fasan’ny Karàna après des échanges avec le propriétaire du terrain. La décision avait suscité une véritable scène de soulagement. Chants, danses et messages de remerciement ont marqué le rassemblement des transporteurs, qui voyaient dans cette annonce une issue favorable à leurs inquiétudes.

Retournement de situation

Une douche froide intervient cependant avec le nouveau communiqué du ministère des Transports. Dans ce document, le ministère rappelle que FasaniKaràna n’est qu’un espace de stationnement utilisé temporairement et non une gare routière. Il affirme que la gare routière d’Amoronakona a justement été construite pour accueillir et organiser les véhicules et les voyageurs desservant les axes concernés.

Le ministère confirme ainsi la mise en service d’Amoronakona à partir du lundi 14 septembre 2026. Les lignes régionales reliant Antananarivo à Andramasina et au Vakinankaratra, ainsi que les lignes nationales desservant Fianarantsoa et Toliara, sont particulièrement concernées. Selon les chiffres communiqués par le ministère, les lignes régionales regroupent 36 opérateurs et 721 véhicules, pour environ 500 000 voyageurs par an. Les lignes nationales comptent, elles, 37 opérateurs et 992 véhicules, pour près de 600 000 voyageurs annuels.

Pour faciliter l’accès à Amoronakona, le ministère annonce plusieurs mesures : réorganisation de certains itinéraires de Taxi-Be urbains et suburbains, renforcement du Train urbain et mise en place de navettes à horaires fixes reliant la gare aux zones fortement fréquentées de la capitale. Le ministère insiste également sur les conditions d’accès à la gare. Les véhicules devront être en règle, conduits par des chauffeurs autorisés, transporter des passagers enregistrés dans le Manifold, avoir fait l’objet des contrôles nécessaires et respecter les règles relatives au transport de marchandises pour pouvoir obtenir le « Quitus ».

Quelle décision appliquer ?

C’est précisément là que se situe désormais le problème. D’un côté, les transporteurs affirment avoir reçu l’autorisation de poursuivre leurs activités à Fasanikaràna. De l’autre, le ministère des Transports confirme officiellement leur transfert vers Amoronakona à partir du 14 septembre.

Pour les transporteurs, qui pensaient avoir obtenu une solution après leur rencontre avec le ministère de l’Aménagement du territoire et des services fonciers, ce nouveau communiqué constitue donc un sérieux retournement de situation. La question de la coordination entre les deux ministères devient incontournable. La décision permettant le maintien à FasaniKaràna a-t-elle été prise en concertation avec le ministère des Transports ? Et surtout, quelle consigne les transporteurs devront-ils suivre à partir du 14 septembre ?

Au-delà de la bataille autour de Fasanikaràna, cette situation remet également au centre des discussions la gare routière d’Amoronakona, une infrastructure dans laquelle l’État a investi plusieurs milliards d’ariary mais qui est restée largement sous-exploitée depuis plusieurs années. Pour les transporteurs comme pour les usagers, une clarification officielle entre les deux départements ministériels devient désormais nécessaire. Car à quelques jours de la date annoncée pour le transfert, deux décisions semblent aujourd’hui se retrouver face à face.

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