
Le décès de Tsilavina Ralaindimby survenu le 25 février 2018 à minuit et quelques minutes a fait la une des journaux ce matin. C’est la page Facebook de la Présidence de la République qui a informé le public sur sa disparition. Une pluie d’hommage Agé de 72 ans, il restait très actif au sein de la Présidence en occupant le poste de directeur de la communication depuis l’accession de Hery Rajaonarimampianina au pouvoir. Et même âgé, il a gardé cette boucle à son oreille gauche et le crâne rasé, ainsi il est facilement reconnaissable.

Mais Tsilavina Ralaindimby alias Rainitsi pour les intimes est avant un expert en communication, particulièrement dans l’audiovisuel. Même s’il a été au début de sa carrière journaliste radio en suivant une formation au Studio école de l’OCORA, il a dû combiner le son et l’image pour mettre en valeur ses compétences et sa vision des choses. Cela en créant la société Horizons communication qui a produit des films orientés dans la culture. Parler du journalisme, il avait ses mots à dire puisqu’il a lui-même occupé cette fonction au sein des chaînes nationales malgaches. En résumé, il est un icône de la culture malgache.

Depuis qu’il a été nommé ministre de la Communication dans le gouvernement du premier ministre Francisque Ravony en 1993. Il a fait de lui ainsi que de son coéquipier et ami de toujours, le feu Elie Rajaonarison, en lançant pour la première fois le mot « serasera » pour traduire le mot « communication » de son département ministériel. Ainsi, l’appellation « ministeran’ny serasera » a été adopté en dépit des nombreuses critiques venant de certaines régions qui donnaient un autre sens au mot « serasera ».

Tout cela pour dire que Rainitsi est un penseur notamment quand il s’agit de défendre l’identité et la culture malgache. Peut-être qu’il aurait fait partie des think thanks à Madagascar. L’entendre participer au débat c’est apporter un autre regard, un point de vue réfléchi et analytique même si parfois c’est incompréhensible pour les simples gens. De plus, ce qui le différencie c’est qu’il avait la maîtrise aussi bien de la langue française que la langue malgache. On ne trouve que rarement le mélange de la langue durant son intervention.
Mais c’est seulement après sa mort qu’on a découvert une partie de lui qu’il n’a gardé que pour ses proches, en fait, il était marié à une certaine Rakotomalala Jeannine avec qui il a eu cinq enfants. De ses enfants sont nés 15 petits enfants. Il avait 72 ans pourtant Raintsi paraît beaucoup plus jeune, cool, accessible et communicatif. Etre grand père ne l’a jamais empêché de courir partout pour débattre et échanger les idées et en plus pour embrasser son rôle de directeur de la communication au sein de la plus importante institution à Madagascar. Avec ses principes, on se demandait comment l’actuel Président Hery Rajaonarimampianina a fait pour le convaincre de travailler avec lui. Mais l’on admet qu’il est l’homme qu’il faut à la place qu’il faut, dans la rédaction des communications de la Présidence ainsi que la réalisation vidéo, on voit son empreinte dans le choix des mots et des photos diffusés.

Peut-être que LaChasse-info ne connaît pas grande chose sur lui, donc on a choisi de publier les hommages rendus par ces personnes qui l’ont côtoyées :
Lova Rabary (Journaliste) : Fotoana anisan’ny ireharehako indrindra tamin’ny asako.
L’un des moments dont je suis le plus fière au cours de ma carrière. Misaotra Tsilavina Ralaindimby. Débat sur les médias : droits et devoirs, le thème sur la communication un lien pour régénérer le lien social et ressourcer la vision des enjeux par Tsilavina Ralaindimby
Robert Andriantsoa : Le soleil s’est couché sur une vie bien remplie mais il continue de briller dans le jardin des souvenirs. Tsilavina Ralaindimby a quitté le monde de la communication. C’est un monument qui vient de disparaître. On garde de ce personnage son sourire mais aussi sa grande passion pour le cinéma. Affable, souriant, gai, il ne laissait jamais reflété un quelconque signe d’abattement ou d’irritation.
Randy Donny (Journaliste) : Journaliste, écrivain, auteur-compositeur, dénicheur de talents, militant politique… Tsilavina Ralaindimby nous parlera de son parcours, mais également des enjeux de notre époque. Journaliste compétent et inspirant, une espèce qui a disparu depuis des lustres du paysage médiatique malgache. Ministre populaire sans jamais être populiste, celui que l’on regrette le plus à la tête de département de la Culture et de la Communication. Politicien visionnaire et innovateur, le coup de « Maha olona », le mouvement qui a porté Dama (Mahaleo) à l’Assemblée, c’est lui… Tsilavina aura marqué Madagascar de ses empreintes. D’autant plus que c’était un touche à tout. Et il faisait tout avec art.
Midi Madagasikara : Par ailleurs, amoureux et amateur d’art il avait également un flair incomparable pour dénicher et valoriser les talents artistiques, beaucoup de grands noms du milieu artistique et journalistique et même politique le considèrent comme leur mentor, leur ami, leur grand frère, pour ne citer que Rossy ou encore Silo qui reconnaissent sa passion , sa créativité et aussi son perfectionnisme.
L’Express de Madagascar : Un monstre sacré de la scène culturelle, il était pour beaucoup un mentor, voire un phare qui les guidait vers le droit chemin pour promouvoir le mieux possible la culture du pays. Tsilavina Ralaindimby surnommé affectueusement par ses pairs « Rain’Tsi » ou « Tsitsi » s’en est allé rejoindre les étoiles, hier, des suites de problème cardiaque. Figure incontournable des médias et du monde de l’audiovisuel en général, il a grandement contribué à l’émergence de toute une génération d’artistes et de groupes émérites. Le cosmos culturel et artistique dans son intégralité pleure à l’unisson, la disparition de l’un de ses plus grands bienfaiteurs.
Madaplus.info : Tsilavina Ralaindimby, Raintsi pour les proches, était un professionnel de la culture et de la communication. Il a valorisé la culture malgache dans les programmes qu’il réalisait quand il avait travaillé à la TVM. Raintsi a donné une grande fierté aux Malgaches en organisant la troisième édition des jeux des îles de l’océan Indien en 1990, puis les jeux de la francophonie en 1997. C’était un homme qui faisait preuve d’humilité et qui n’aimait pas être sur le devant de la scène. Un grand homme qui avait une vision de valorisation de la société malgache en la tirant toujours vers le haut avec ses « revy ». Raintsi est parti.. mais, il laisse derrière lui un héritage inestimable pour tout un peuple, qui (ré)écrit son histoire. On te souhaite bonne route pour ton voyage Raintsi…

