
Vendredi après-midi au Havoria Anosy, l’École Supérieure des Technologies de l’Information (ESTI) a célébré la remise de diplômes de ses promotions 2025. Dans une ambiance festive, les nouveaux diplômés des promotions Soamiray (Licence 3) et Aika (Master 2) ont officiellement terminé leur formation informatique à Madagascar. Cette cérémonie de graduation marque l’aboutissement de leur parcours académique dans l’une des principales écoles d’informatique d’Antananarivo.
Ce n’est pas un adieu, c’est un envol

Dans la salle bondée, Franck Razafindrabe, directeur général de l’ESTI, observe ses étudiants avec un regard satisfait. Pour lui, ce moment symbolise bien plus qu’une simple remise de parchemins : « Nous ne célébrons pas seulement la fin d’un parcours, mais un commencement. Le diplôme est une clé qui ouvre des portes. L’informatique est bien plus qu’une discipline : c’est une école de pensée et un moteur de transformation. »

Des partenaires qui croient en l’avenir
Dans les premiers rangs, les représentants des entreprises partenaires affichent leur satisfaction. Chez Ingenosya, société comptant 150 collaborateurs et 25 ans d’expérience, on apprécie particulièrement le niveau des étudiants. « Aika symbolise le temps et les opportunités, Soamiray l’unité et la force du collectif« , explique leur représentant, rappelant que derrière chaque ligne de code, il y a d’abord des humains.
Vivetic, fidèle partenaire depuis cinq années, confirme son engagement à accompagner ces jeunes talents vers l’emploi. Une collaboration qui porte ses fruits année après année.
Les parrains : des messages inspirants

Tiana Rasamimanana, président du SIM (Syndicat des Industries de Madagascar et parrain de la promotion Soamiray, a su trouver les mots justes. Avec une simplicité désarmante, il s’adresse directement aux jeunes diplômés : « Ce n’est pas toujours le plus intelligent qui réussit, mais le plus persévérant. Vous êtes la génération capable de faire bouger les choses. Foncez, osez et construisez l’avenir. »
Son message résonne particulièrement : dans un secteur en perpétuelle évolution, la persévérance compte parfois plus que le talent brut.

La promotion Aika (M2) a été parrainée par Maroniaina Rakotomanana, DRH d’Orange Madagascar. Celui-ci a rappelé que l’obtention du diplôme n’était que « le début d’un long parcours », insistant sur l’importance de rester audacieux mais humbles :
« La réussite ne se mesure pas seulement par un diplôme, mais par la capacité à s’améliorer, à évoluer et à rester humain. »
L’émotion au rendez-vous

Le moment le plus touchant ? Celui où Thierry, major des majors, prend la parole. Visiblement ému, il trouve pourtant les mots : « On y est arrivés. Tous ces nuits blanches, ces projets qui n’en finissaient pas… Aujourd’hui, on peut être fiers. L’école nous a formé à plein de choses, certes. On est venu pour étudier, mais aussi pour se faire des amis. Et ça, c’est peut-être le plus beau cadeau.«

Les trois majors des deux promotions repartent d’ailleurs les bras chargés de cadeaux offerts par les entreprises partenaires, reconnaissance méritée de leurs efforts.
Quand les étudiants prennent les commandes

Entre les discours, l’ambiance se détend. Aux manettes, deux étudiantes assurent la maîtrise de cérémonie avec un naturel déconcertant. De l’ouverture jusqu’aux derniers applaudissements, elles enchaînent les transitions et améliorent leur prestation.

Puis vient le moment spectacle. Les clubs musique et danse de l’école investissent la scène et transforment la cérémonie en véritable show. Une démonstration éclatante : pourquoi faire appel à des artistes extérieurs quand le talent bouillonne déjà dans ses propres murs ? Ces jeunes prouvent qu’on peut jongler entre codes informatiques et pas de danse, entre réseaux et systèmes et mélodies.
L’ESTI a fait le pari de miser sur ses propres forces vives, et le résultat est bluffant.

Violette Rasoanambinina, du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche scientifique, ne s’y trompe pas : « Cette génération a tout pour réussir. À elle de choisir si elle veut juste gagner de l’argent ou vraiment changer les choses et impacter. » En somme, la représentante du MESUPRES, a encouragé les étudiants à envisager cette journée non pas comme une fin, mais comme « le début d’une nouvelle ère », où la responsabilité, l’éthique et l’impact positif doivent primer sur la seule réussite financière.
Un nouveau chapitre qui commence

Les diplômes remis couvrent des domaines porteurs : Intégration et Développement, Réseaux et Systèmes Informatiques pour les licences ; Management des Systèmes d’Information et Infrastructure et Cybersécurité pour les masters.

Derrière cette cérémonie se cache un travail titanesque. La coordinatrice de l’événement, une étudiante de L3, confie avec un sourire : « Concilier les emplois du temps de tout le monde, c’était un vrai casse-tête ! Mais on a appris énormément. Organiser un tel événement, c’est une formation en soi. »
Franck Razafindrabe conclut par une phrase qui résume tout : « Partez, mais n’oubliez jamais d’apprendre. C’est comme ça qu’on construit un avenir. »
Dans quelques semaines, ces nouveaux diplômés intégreront les entreprises malgaches ou créeront leurs propres structures. Une chose est sûre : le secteur numérique de Madagascar peut compter sur eux.

